22 May, 2026
La malnutrition, la hausse des prix des denrées
alimentaires et les maladies liées à une mauvaise alimentation préoccupent de
nombreuses familles en République démocratique du Congo. Face à cette
problématique, quel rôle pourrait jouer les journalistes ? En principe, ils ont
un rôle stratégique à jouer dans la promotion d’une alimentation saine pour
tous. Informer, sensibiliser, enquêter et éduquer, telles sont les grandes
responsabilités qui attendent les professionnels des médias dans ce combat à
mener pour la protection de la santé publique par l'alimentation saine.
Dans un pays où
plusieurs ménages manquent souvent d’informations fiables sur l'alimentation
saine, nutritive et durable, les journalistes ont d’abord la mission de
vulgariser les bonnes pratiques agricoles et alimentaires. A travers la radio,
la télévision, la presse écrite et les médias numériques, ils peuvent
suffisamment renseigner le public consommateur sur le critères, les principes et les normes
standards en vue de la promotion des systèmes et services alimentaires
respectueux de la législation, de l’hygiène alimentaire, … et par surcroit ceux
promouvant la consommation des produits locaux riches en nutriments.
Des sentinelles engagées pour la santé publique et la
transparence alimentaire
Dans le rapport
« Evaluation de la Charte Alimentaire » publié le 15 février 2024,
par l’Autorité de Régulation de la Communication Audiovisuelle et Numérique
(ARCOM), Il ressort que les medias
audiovisuels jouent un rôle essentiel
dans la transmission de messages de sante publique. Leurs contenus de prévention et de promotion
en la matière participent a sensibiliser les publics et notamment les jeunes, à
l’importance d’une alimentation équilibrée, d’une activité physique régulière
et d’un sommeil réparateur. La charte alimentaire s’inscrit dans une démarche
d’amélioration de l’environnement alimentaire et physique de chacun, par l’incitation
à des comportements favorables à la sante.
La Coordinatrice du Réseau de Journalistes Œuvrant pour
la Sécurité Alimentaire (REJOSA), Anne Mushigo, indique que les médias ont la responsabilité d’alerter sur les
dangers qui menacent la santé des consommateurs en mettant à la disposition de
la communauté les informations évidentes qui parlent clairement de produits
périmés, de boissons nocives, d'aliments mal conservés ou contrefaits, ou d'abus
de produits ultra-transformés.
Ces
informations sont les résultats des enquêtes sérieuses menées et à mener afin
de protéger la population. Par leur travail d’investigation, les journalistes
deviennent des sentinelles qui veillent sur la qualité, la traçabilité et la
commercialisation des denrées alimentaires. Par leur professionnalisme, les
journalistes contribuent ainsi à la protection de la santé publique.
«Les
journalistes ont également comme mission de donner la parole aux experts
nutritionnistes, médecins, agronomes et chercheurs disposant de connaissances
utiles que les médias peuvent transmettre au grand public dans un langage
simple et accessible. Ce pont entre la science et la population est
indispensable pour changer durablement les comportements alimentaires », indique-t-elle.
Pasteur Janvier
Makombe, Président de la Ligue des Consommateurs des Services au Congo – Kinshasa
(LICOSKI asb) estime que les journalistes peuvent également valoriser les
initiatives positives menées à travers le pays. A titre illustratif, il y a
lieu de citer les coopératives agricoles, les entrepreneurs œuvrant dans la
transformation alimentaire, les écoles promouvant les jardins scolaires ou les
communautés engagées dans la lutte contre la malnutrition. De telles
initiatives méritent d’être mises en lumière pour inspirer d’autres citoyens à
travers le pays.
D’après ce
consommateur actif et averti, face aux autorités, les médias auront le devoir
de questionner les politiques publiques sur les systèmes agricoles et
alimentaires, le soutien à l’agriculture locale, le contrôle sérieux sur la
qualité des aliments mis sur les marchés et la prise en charge de la
malnutrition infantile et des personnes vulnérables (les diabétiques, les
personnes âgées, les personnes souffrant des maladies chroniques,…).
« Une presse responsable et professionnelle peut obtenir
du public consommateur, des producteurs locaux et des pouvoirs publics des
changements conséquents dans les pratiques agricoles et alimentaires. C'est de
cette manière que l'on construit une société capable de relever avec efficacité
et efficience les nombreux défis alimentaires »
Notons que la
LICOSKI asbl, dans le cadre du Programme des « Système Alimentaires Durables
dans et autour des écoles », à Bukavu et partout ailleurs compte sur le
travail de sensibilisation et de conscientisation de la Plateforme Alimentaire
Urbaine via sa composante Medias, pour vulgariser systématiquement la vision
dont le Programme des Systèmes Alimentaires Durables des Villes est porteur
pour le salut des consommateurs.
Promouvoir une alimentation
saine ne dépend pas uniquement des médecins ou des agriculteurs. Les
journalistes, par la force de l’information, peuvent contribuer à sauver des
vies, orienter les choix des familles et construire une société mieux nourrie.
Leur plume, leur micro et leur caméra peuvent devenir de véritables outils de
promotion de l'hygiène alimentaire ou carrément de la santé publique.
Maguy Ombe/ Chargeé de
Communication